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BICENTENAIRE DE LA CRÉATION DE LA PREMIÈRE CHAIRE D'ANATOMIE PATHOLOGIQUE AU MONDE (STRASBOURG, J.F. LOBSTEIN, 1819)

Portrait de Secrétaire Général Collège
Date: 
Samedi, 28 Décembre, 2019 - 06:30

L'année 2019 de commémoration du bicentenaire de la création de la première chaire d'anatomie pathologique au monde, à Strasbourg en 1819 - évènement marquant dans l'évolution des connaissances médicales avec l'essor de la méthode anatomo-clinique - a donné lieu à de multiples activités, cérémonies, conférences, et publications, et s'est achevée le 20 décembre par une conférence de conclusions et perspectives par le Pr. Jean-Marie Le Minor, membre du Collège des professeurs d'anatomie.
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> Lien vidéo Youtube de la conférence faite à l'Académie nationale de Chirurgie (ANC), à Paris, le 11 septembre 2019 : "Jean-Fréderic Lobstein (1777-1835). Bicentenaire de la création de la première chaire d'anatomie pathologique au monde (Strasbourg 1819)", par le Professeur Jean-Marie Le Minor : https://m.youtube.com/watch?v=CuARoQybwr4
Lien ANC : https://www.academie-chirurgie.fr/calendrier/lacces_a_la_chirurgie
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Références : Le Minor J.M., Les sciences morphologiques médicales à Strasbourg du XVe au XXe siècle, Presses universitaires de Strasbourg éd., 2002 (552 p.) ; Le Minor J.M., Billmann F., Sick H., Vetter J.M., Ludes B., Anatomie(s) & Pathologies. Les collections morphologiques de la Faculté de Médecine de Strasbourg, I.D. Édition, 2009 (216 p.) ; Le Minor J.M., "Une chaire d'anatomie pathologique bicentenaire", dans Saisons d'Alsace, novembre 2019 (no 82), p. 104-105.
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Résumé du contexte historique :
Le 21 mai 1819, la Commission de l'Instruction publique décidait de créer une chaire d'anatomie pathologique à la Faculté de médecine de Strasbourg. Cette nouvelle chaire constituait non seulement la première chaire d'anatomie pathologique en France, mais également la première individualisée au monde. Cette création se concrétisait après une visite des collections anatomiques strasbourgeoises par Guillaume Dupuytren (1777-1835), alors professeur de médecine opératoire, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Paris, et inspecteur général de l'Université de France, et grâce au soutien déterminant de Georges Cuvier (1769-1832), professeur d'anatomie comparée au Muséum national d'histoire naturelle, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie française, mais surtout influent conseiller d'État et chancelier de l'Université.
Le choix de Strasbourg n'était naturellement pas le fruit du hasard, et dû, en particulier, à l'ancienneté du rayonnement de son école médicale, à sa double culture française et germanique, et à sa situation géographique privilégiée au sein de l'Europe. Une chaire spécifique pour l'anatomie avait été créée à la Faculté de médecine en 1652, et la ville s'était dotée d'un amphithéâtre anatomique en 1670, des dissections et autopsies y étant dès lors réalisées pour tous les sujets décédés à l'hôpital civil. L'hôpital militaire, créé en 1693, était quant à lui l'un des trois plus grands de France, avec ceux de Lille et de Metz. Durant la Révolution, après la suppression en 1792 de toutes les institutions médicales et universitaires françaises, seules trois Écoles de santé furent créées en 1794 – Paris, Montpellier, et Strasbourg – transformées en Écoles de médecine en 1802, puis en Facultés de médecine en 1808. 
En 1819, le professeur titulaire de la chaire d'anatomie de Strasbourg était Thomas Lauth (1758-1826), alors âgé de soixante ans. Nommé en 1785, année de la publication de son recueil de textes de référence sur les anévrysmes ("Scriptorum latinorum de aneurysmatibus collectio"), il avait traversé la tourmente révolutionnaire et avait pu ainsi assurer la continuité d'une école prestigieuse. Développant les collections du cabinet anatomique avec un intérêt tout particulier pour les pièces pathologiques, il avait privilégié – au-delà de la simple collection de raretés – la confrontation entre symptômes et lésions, et avait exposé ses conceptions et sa méthode anatomo-clinique dans un remarquable discours en 1805 ("Sermo academicus de fine anatomiae pathologicae").
Le titulaire choisi pour la nouvelle chaire, Jean Frédéric Lobstein (1777-1835), dit le Jeune, appartenait à une dynastie de chirurgiens, médecins, théologiens, et juristes strasbourgeois. Son oncle, Jean Frédéric Lobstein (1736-1784), dit l'Aîné, professeur titulaire de la chaire d'anatomie et de chirurgie de la Faculté de médecine de Strasbourg de 1768 à 1783, s'était acquis une solide réputation d'opérateur de premier plan européen, excellant en particulier dans la lithotomie et l'oculistique. Parmi ses nombreux élèves, venant de toute l'Europe et devenus célèbres, figuraient P.F.H. Meckel (1756-1803) nommé professeur à Halle, J.D. Metzger (1739-1805) à Königsberg, J.P. Franck (1745-1821) à Vienne, ou encore les poètes et artistes J.W. Goethe (1749-1832) et J.H. Jung-Stilling (1740-1817). J.F. Lobstein le Jeune avait manifesté une précocité hors du commun et, dès l'âge de treize ans, en 1790, avait été immatriculé de manière exceptionnelle à l'Université de Strasbourg. Inscrit à la nouvelle École de santé en 1794, il avait ensuite servi aux Armées comme officier de santé. S'orientant alors vers l'obstétrique, il devint médecin-accoucheur en chef de l'hôpital civil et directeur de l'école de sages-femmes (la première créée au monde, en 1738). Élève puis collaborateur de Lauth, Jean Frédéric Lobstein, nommé prosecteur en 1796, puis chef des travaux anatomiques en 1804, développa, de manière considérable, le musée anatomique dont il publia plusieurs catalogues. Dans son "Traité d'anatomie pathologique" (2 vol., 1829 et 1833), il décrivit notamment la "fragilité des os" ou "ostéopsathyrose" (actuelle ostéogenèse imparfaite, également connue sous le nom de maladie des os de verre, ou "maladie de Lobstein" ou encore "syndrome d'Eckman-Lobstein"), et proposa le terme d'"artériosclérose" qui resta universellement utilisé ; la traduction allemande de ce traité ("Lehrbuch der pathologischen Anatomie", Stuttgart, 1834-1835) eut une influence considérable dans les pays de langue germanique.
Par la suite, furent créées en 1831 les premières chaires d'anatomie pathologique du Royaume-Uni, à Édimbourg et Londres, puis en 1836 celle de Paris, en 1844 la première d'Autriche à Vienne, en 1847 la première des États-Unis à Harvard, et en 1849 la première d'Allemagne, à Wurtzbourg, suivie en 1856 par la prestigieuse chaire de Berlin.

> voir également la page Facebook du Collège des professeurs d'anatomie : https://www.facebook.com/collegeprofesseursdanatomie/

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